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Rehabitation installation au 104 - établissement artistique de la ville de Paris, France, 14/03 - 29/03 2009 Technique mixte (bois, vitraux, néons, matériaux de récupérations) 320 x 450 x 480 cm
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L’habitation est un lieu clos (couvert) ou l’on habite de façon durable.Habitation : fait d'habiter, de vivre en un lieu lieu où vivent les hommes domicile, logement -re : préfixe latin exprimant l'idée de répétitionMon projet consiste à récupérer dans la rue tous les matériaux qui ont été extraits des habitats traditionnels afin de pouvoir construire une nouvelle unité d’habitation apparentée a la cabane. Je glanerais aussi bien les matériaux de constructions (bois, carreau de plâtre, briques…) que les objets quotidiens usuels (meubles, objets de décoration…). Construire une cabane est un rêve d’enfant. Elle place l’enfant au cœur de son environnement, le plus souvent en pleine nature. Un abri de bric et de broc patiemment construit durant l’été au fond du jardin, pour se réfugier, jouer et rêver ou même un carton géant détourné de sa fonction d’emballage et planté dans la chambre font partie des grands classiques de l’enfance. Une sorte de petit espace à soi dans le grand tout que constituent l’appartement ou la maison familiale. Ce havre de paix et d’aventure est aussi un rêve d’adulte. Ainsi les cabanons provençaux des calanques ou les cabanes à outils des jardins ouvriers remplissent cette fonction de refuge et de villégiature modeste. D’ailleurs, la cabane, métamorphosée par l’argent et les traditions architecturales locales, est aussi en partie à l’origine, au cours du 19e siècle, de ces maisons de vacances qui ont fait grand usage du bois : villa anglo-normande, villa landaise ou basque, chalet savoyard. Pour construire une cabane, peu d’éléments sont nécessaires, et elle permet dès lors de s’abriter des éléments et d’abriter la famille autour du foyer. La cabane peut, ainsi, être considérée comme le point de départ d’une histoire de la maison et le modèle de toute architecture. Il existe deux images très contrastées de la cabane. La première est celle d'un logement à peine digne de ce nom, insalubre, étroit, réservé à des hommes pauvres aux professions solitaires et nomades (pêcheurs, bergers) ; la seconde est celle d'un idyllique cocon retranché dans lequel les enfants viennent se lover, se cacher, se raconter des histoires et fuir la réalité contraignante des adultes. Entre les deux, il y a la cabane réelle : une habitation terre à terre, un lieu de retour à soi, où logement ne veut plus dire artifice et où le rêve peut rejoindre la simplicité. L’objet de cette unité d’habitation n’est pas d’appeler la favelas ou la précarité, mais plutôt d’offrir une alternative par la réhabilitation en questionnant les idées de ressources, d’activités et de contrôle. La cabane est incontestablement dans l'esprit du temps, elle s'intègre à merveille dans cet engouement vers un retour à la nature, un besoin de se ressourcer, de se re-naturer. La cabane est davantage une aventure mentale, un lieu psychique qu'une construction architecturale. Elle est le reflet des rêves d'un individu. Elle est par conséquent personnelle, originale, unique. Alors que la maison est une inscription dans le temps et dans l'espace, la cabane relève d'un état transitoire, d'un équilibre instable et précaire, son destin est lié au caractère éphémère du temps. Elle est aussi passage obligé vers un univers onirique, retraite indispensable pour y déposer ses secrets les plus intimes, isolement et immersion dans la nature car elle nous permet de replonger dans un état archaïque de bonheur et de bien-être.